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Du Kamerun allemand aux mandats franco-britanniques

Par Admin KHEMORIA · 5 juillet 2026

Le 12 juillet 1884, l'explorateur Gustav Nachtigal signe avec les rois douala Bell et Akwa les traités qui placent la côte sous protectorat allemand : le Kamerun est né. En trente ans, l'administration allemande trace routes et chemins de fer, impose l'économie de plantation dans les terres volcaniques du mont Cameroun — au prix du travail forcé et de résistances durement réprimées, de Douala à l'intérieur.

La Première Guerre mondiale bascule le territoire : en 1916, Allemands vaincus, le Kamerun est partagé entre la France (les quatre cinquièmes orientaux) et la Grande-Bretagne (deux bandes à l'ouest, administrées depuis le Nigeria). La Société des Nations officialise ce partage par des mandats en 1922.

Cette double tutelle façonne durablement le pays : deux langues officielles, deux systèmes scolaires et juridiques, deux mémoires administratives. Elle nourrit aussi les mouvements nationalistes qui, dès les années 1940, réclament la réunification et l'indépendance.

Sous mandat français, le territoire connaît la « mise en valeur » : extension du chemin de fer, plantations de cacao, de café et de bananes, mais aussi travail forcé, impôt de capitation et code de l'indigénat qui pèsent lourdement sur les populations. Côté britannique, l'administration indirecte s'appuie sur les chefs traditionnels et rattache économiquement la région au Nigeria voisin.

C'est dans ce creuset que naissent, après 1945, les premières organisations politiques et syndicales. L'Union des populations du Cameroun, fondée en 1948, réclame ouvertement la réunification et l'indépendance immédiates — une revendication qui la conduira à l'interdiction et à la clandestinité, prélude aux affrontements des années suivantes.

Sources

  • Adalbert Owona, La naissance du Cameroun (1884-1914)
  • Archives nationales du Cameroun
  • Verkijika G. Fanso, Cameroon History for Secondary Schools